Quand on me consultera sur ce que j'ai fait de mes années, J'affirmerai que je n'ai accompli qu'une seule chose qui m'ait marquée, Lorsqu'on me questionnera pourquoi j'ai du mal à négocier mes cachets, Je répliquerai : - n'est-il pas connu que les poètes sont désargentés ?
A trop vouloir rêver, on s'échappe de la réalité, C'est pourtant le but mais elle vient vite nous rattraper, Quand nous appelle d'urgence le banquier désabusé, Ou quand l'armoire déborde de factures impayées,
Lorsqu'on cherchera à combien de livres j'en suis ? Je donnerai un indice : entre le premier et le dernier, Si un jour on me demande comment je passe mon ennui ? Et bien je me pose des questions et je corresponds par papier,
A la lecture d'un texte, nous nous interrogeons où le narrateur veut aller,
Que souhaite-il montrer et comme procédera-t-il pour nous garder éveillés ?
Le moindre passage compliqué ou trop abstrait peut vite décourager,
Comment parvient-t-il à plaire au lecteur alors qu'il n'a rien demandé ?
Quand elle me sondera pourquoi je me suis souvent la nuit révéillé
Je rétorquerai qu'on ne peut écrire les yeux fermés,
Par contre on est apte à rêver, même les yeux ouverts d'ailleurs,
Sur des parchemins, face à de beaux enfants ou devant l'ordinateur,
On m'a souvent interrogé quel métier je souhaitais faire ?
Docteur ou expert-comptable, parce que c'est nécessaire,
Le poète n'est pas essentiel et il est aisément repérable :
Il est démuni mais il a un langage sincère et aimable. |