Le même cauchemar lui revient tous les soirs,
Plus le temps passe plus diminue l'espoir,
Les larmes coulent sur son visage d'ange,
Claire se sent seule face à cette disparition étrange,
Elle se rend à son travail et remarque l'indifférence générale,
La plupart des collèguent se réjouissent, ils ont perdu un rival,
Ils n'aiment pas la poésie, tout ce qui adoucit leur fait mal,
Il a attiré tant de jalousie, lui qui restait toujours simple et aimable,
Elle pense parfois à cet étrange coincidence,
L'idole du poète avait été assassiné il y a tout juste quinze ans,
Mias c'était ailleurs en Algérie, et dans un contexte différent,
Ici on ne tue pas les artistes par méchanceté et intolérance,
D'ailleurs il n'est pas connu, il n'a pas encore eu sa chance,
Que vaut un poète inconnu ? Sûrement pas de quoi faire l'audience,
Pourtant elle souhaite être vue et témoigner de sa souffrance,
Un appel à témoins est enfin lancé suite à son insistance,
Encore une fausse alerte se dit-elle mais elle fonce quand même,
Quelqu'un aurait vu un jeune homme dans la rue écrire des poèmes,
Pour les passants contre une pièce, il avait une barbe de quelques semaines,
Le voyage est long jusqu'à Avignon, mais elle arrive à l'adresse sans trop de peine,
A l'endroit indiqué pas de poète ni de poèmes, mais une boulangerie en face,
Elle présenta la photo et la vendeuse le reconnu, il venait de partir,
Il vivait à l'hôtel de la gare, elle n'en savait pas plus, la police l'avait chassé hélas,
- Il m'a dit qu'il devait quitter la ville lui dit la gérante de l'hôtel avec un sourire.
Elle était partagée entre le soulagement et une grande tristesse,
Elle comprend que le seul lien pour le retrouver est la poésie,
Mais le pays est grand et le malheur fait qu'elle l'a raté de justesse
Elle cherche aussi à comprendre pourquoi il a changé de vie... ( à suivre) |